Jouer juste – François Bégaudeau
Autant le dire tout de suite je n'ai même réussi à finir ce roman de François Bégaudeau. Entre les phrases trop longues, les divagations du narrateur (sûrement nécessaires et voulues) et l'incompréhension générale rien n'a réussi à me faire accrocher au récit.
Pourtant le thème (final de la coupe du monde, un entraîneur qui remotive ses troupes, ...) me plaisait mais le contenu ne m'était pas à la hauteur de ce que j'espérais, je m'attendais à tout autre chose ...
A éviter pour les passionnés de foot, à essayer avec des pinces pour les littéraires ...
Résumé :
Nous sommes en pleine finale d'une Coupe d'Europe de football. A la fin de la deuxième mi-temps plus exactement, juste avant les prolongations, à ce moment précis où l'un des deux entraîneurs - et narrateur omniscient de ce premier roman - livre d'ultimes conseils à ses joueurs et les exhorte à "jouer juste". Et, bien sûr, il est question de tactique, ou plutôt d'une philosophie du jeu qui, tout en collant à la situation du match en cours, décolle légèrement de la réalité pour devenir une sorte de traité de chorégraphie sportive. Mais entre franc-parler et digressions métaphysiques, ce discours magistral déborde de son sujet pour devenir littéralement borderline. D'autant que vient bientôt s'immiscer à l'intérieur de cette voix le récit d'un amour passé avec une certaine Julie.
Dès lors, les conseils de l'entraîneur ne cesseront plus d'entretenir de curieux échos avec l'histoire de la fin annoncée d'une passion amoureuse. Imperceptiblement, à mesure que les deux pôles de ce flux verbal convergent, tout se met à faire double sens sur les terrains mitoyens de la vie à deux (en couple) ou à onze (en équipe). Et ce jeu métaphorique n'a pas besoin d'être appuyé, ni souligné, il joue tout seul à la lecture. D?autant que ce logicien du ballon rond, applique à sa relation avec Julie des règles tout aussi drastiques, un sang-froid tactique et des interdits contraignants qui délimitent un terrain et une discipline au risque de tarir toute sentimentalité à sa source. Car il s'agit bien de "jouer juste", non pas contre son camp, mais contre les écarts désordonnés, sirupeux et ridicule de la passion. Il s'agit de pousser dans ses derniers retranchements l'amour du jeu, et le jeu de l?amour, ce qui revient au même.